The Tropicool Company
The Tropicool Company

THE COMPANY

 

is a philosophical brand, an art platform and a tropicool way of doing things invented by Jonathan Chauveau-Friggiati on Monday, the 3rd of November 2014, on the pirate island of Sète, 521 years to the day after the Guadeloupe discovery by Christopher Columbus.

  Co-working is central to daily activities… / TTC 2017 & LE CONSORTIUM Centre d’Art (Dijon)

Co-working is central to daily activities… / TTC 2017 & LE CONSORTIUM Centre d’Art (Dijon)


SHOOT THE PRESIDENT !

( The Post-Colonizator )

A Dephallocentric Manifesto by

Jonathan

President-Founder of The Tropicool Company

Inventée le lundi 3 novembre 2014 en même temps que mon titre de “Président-Fondateur”, The Tropicool Company est ci-devant une entreprise, une marque, une exposition, un commerce, un studio de création, une idée itinérante, une éthique de groupe, une philosophie immunitaire, une multiplicité d’auteurs, une œuvre collective à l’œuvre d’elle-même et un être-de-fiction autonome.

Par derrière The Tropicool Company est également une organisation matricielle générée, reformulée et alimentée en énergie par la dédoublement de personnalité de l’individu Jonathan en celle de «Président – Fondateur» de cette entreprise dont il est d’ailleurs moins le créateur que la créature, l’occupant d’une fonction dans un organigramme plutôt que son dirigeant, une variable d’ajustement dans une équation bien plus qu’un théorème général. L’organigramme de The Tropicool Company est le cerveau-programme du Président-Fondateur.

Quand à la métaphore géologique animant les tréfonds de The Tropicool Company, elle est celle qui de passes en passes, fait insensiblement passer du Stade de l’Île, des insularités artistiques, au Stade de l’Archipel, de la profusion archipélique.

Et pour ce qui est du paradigme présidentiel, il est celui d'une mise à nu des atours de la Présidence par ses secrétaires m’aime, même, mème, un exercice de déphallocentrisme appliqué à soi-même, c'est-à-dire en l’occurrence ici, au reconstruit archétype ultra-phallocentré du personnage-concept-cliché du "Président" que je me plais à incarner sérieusement tout le temps afin de pouvoir le déjouer en riant quand je le veux.

Extensivement influencé par Marcel Broodthaers et GENERAL IDEA, le Président-Fondateur de The Tropicool Company reprend au premier l’exigence philosophique d’une distanciation critique par rapport aux rôles prêt-à-porter produite par la sociologie du monde de l’art, et au second, la nécessité existentielle de s’investir intimement dans ce que l’on fait tout en échappant à la figure imposée de «l’artiste qui s’exprime en son nom». NOT IN MY OWN NAME.

Notre époque n’étant plus cependant ni celle de Broodthaers ni celle de GENERAL IDEA, les quartiers généraux d’aujourd’hui sont forcément différents de ceux d’hier. Si les quartiers généraux des années 60 et 70 étaient bien le Musée d’Art et son Directeur/Colonel (ou l’Idée d’Art comme Pouvoir) et ceux des années 80 et 90 l’Artiste Contemporain à succès et la Galerie (le Mythe du Génie Artistique en lien avec la réussite économique et la reconnaissance médiatique), ceux des années 2000 et 2010 sont l’Entreprise Mécène des arts et son/sa Président(e).

Aujourd’hui, le/la Mâlalpha de l’Art n’est plus ni le couple Directeur/Musée ni le couple Artiste/Galerie mais le couple Entrepreneur / Mécène  qui les a supplantés. C’est pour cette raison que nous avons investi ce nouvel assemblage de manière critique et humoristique afin de le détourner, de le phagocyter, de le délirer et de le réinventer en créant l’entreprise The Tropicool Company et le personnage du «Président-Fondateur» qui lui va comme un gant. I AM C.E.O. LOVE !!!

La bonne critique est celle qui se fait de l’intérieur, ce qui n'est possible qu'à la condition d'accepter volontairement et consciemment de s’intoxiquer avec ce que l'on entend questionner. Car sans intoxication, il est tout simplement impossible d'apporter une quelconque réponse. Au mieux, on pourra s'interroger à propos de quelque chose que l'on ne connaît pas vraiment. Car nous en avons assez d'écouter ceux qui ne peuvent que poser et reposer les mêmes questions forcément sans réponse car toujours formulées à partir d’une position extérieure à ce qu’elles entendent problématiser, c’est-à-dire à partir d’une position "intellectualiste" au mauvais sens du terme. Les paroles se perdent dans l'air tandis que les virus prospèrent dans les chairs…  

« En toute chose il y a du bon » dit-on. Encore faut-il le chercher : c’est bien parce que les vrais directeurs / musées avaient un réel prestige que le faux directeur du « Musée d’Art Moderne. Département des Aigles » de Broodthaers a été aussi pertinent ; et c’est également parce que la formule de l’artiste-à-succès-qui-se-met-en-scène était opérante, à ce moment là, que son dédoublement critique par GENERAL IDEA a tapé dans le mille.

Qu’y-a-t-il de bon dans la Forme de l’Entreprise telle qu’elle est communément comprise, acceptée et vécue aujourd’hui ? Qu’est-ce qui fait son efficacité et que tout le monde peut reprendre à son compte ? Quelle est cette irrésistible propension qui lui est propre et sur laquelle nous sommes tous libres de pouvoir surfer si nous nous constituons en entreprise, si nous décidons de « faire entreprise » comme on dit "faire œuvre" ?

La réponse est : une culture. Mais pas n’importe quelle culture. Une culture au sens de culture d’entreprise, de « culture maison». Car si les entreprises fascinent tant, si elles ont tendance à « marcher », à s’inscrire sans trop de résistance dans le réel de nos pensées et de nos corps à long terme, c’est parce qu’on leur accorde spontanément le droit de s’instituer elles-mêmes, de produire une culture sui generis afin d’inventer et de développer des univers dont le but explicite est de mettre en place une stratégie de « possession », et tout cela sans avoir à faire reposer la légitimité de cette intention sur l’originalité d’une individualité créatrice ou la préexistence d’une tradition respectée. Autrement dit : de se constituer collectivement ad hoc en marque porteuse et exportatrice de valeurs esthétiques et éthiques.

C’est cela qui explique selon nous la raison pour laquelle notre époque est celle des entreprises et des marques qu’elles créent ou possèdent. Elles seules, en effet, créent à grande échelle de nouvelles zones de différenciations dans la culture, de nouvelles formes de vie culturelle au sens de mondes de significations, de comportements et d’objets. Ce que les artistes et les musées ne pourront jamais accomplir - si jamais ils l’avaient souhaité-, à savoir chercher à accomplir au niveau de la réalité quotidienne le fantasme utopique d’une bonne alliance des corps et des idées via des artefacts et des normes existentielles, les entreprises en tant que marques ne cessent de le faire. Mieux : c’est là leur raison d’être même, ce qui rend compte de leur inventivité, de leur succès et du respect que nous leur portons… parce que nous savons que, quelque part, nous sommes tous plus ou moins traversés, intoxiqués, «marqués» à vie par elles… à notre corps défendant ou par plaisir.

Mais pourquoi cette capacité des entreprises à créer de nouvelles formes de vie culturelle est-elle autant en phase avec notre époque ? Autrement dit : pourquoi notre époque est-elle celle des entreprises ? Nous répondons : parce que si les années 60 / 70 étaient celles de la contestation du pouvoir attaché aux institutions et les années 80 / 90 celles de la remise en question de l’autonomie du sujet, les années 2000 et 2010 sont celles d’une réconciliation entre sujet et institution, une nouvelle alliance qui n’est devenue possible qu’à partir du moment où le premier a cessé de croire à son originalité et que la seconde ne s’est plus prise au sérieux.

Les années 60 / 70 était analytiques ou lacaniennes, les années 80 / 90 déconstructivistes ou derridiennes. Les années 2000 / 2010, elles, sont synthétiques (sphérologiques) ou sloterdijkienne (pour Peter Sloterdijk, auteur de la trilogie « Sphères »). Or les entreprises sont des machines à synthétiser. Et c’est pour cela que notre époque est celle des Entreprises, des Marques… Que de choses ne deviennent possibles, combien de rêves ne peuvent-ils se réaliser, d’entreprises se mener dès lors que des sujets post-analysés disposant d’une idée post-critiquée de l’art rencontrent un concept post-déconstruit de l’institution !

Nous le savons maintenant, rien ne peut être dit « faux » car tout est inventé et c’est une bonne chose. Car cela veut dire que l’on n’a plus à devenir soi-même pour être quelqu’un et que nous pouvons être tout un chacun une institution porteuse pour les autres. Quelle pertinence y-a-t-il encore aujourd’hui à critiquer une institution ou analyser son moi (ou le moi des autres) quand on a découvert que l’on pouvait créer de nouvelles institutions sans avoir au préalable à comprendre qui l’on est « vraiment » puisque l’on sera en même temps co-produit par cette institution auto-inventée et productive d’idées, de comportements, d'objets…  et de souvenirs.

Deux problèmes sont ainsi résolus d’un coup : celui d’avoir à être quelqu’un et celui de devoir faire quelque chose. La grande question, nous dit Liam Gillick, qui a porté et traversé les années 90, et qui aurait aussi bien pu être le titre de la plupart des expositions de sa génération était : HOW TO BEHAVE ? Vingt ans plus tard, on ne peut plus poser la même question parce que l’on ne peut plus faire semblant de ne toujours pas savoir. WE KNOW HOW TO BEHAVE.

C’est lorsque le magma de ces réflexions a commencé à se refroidir que le personnage du Président-Fondateur de l’entreprise The Tropicool Company a pris forme tel un Golem du fond de sa boue. Une vraie entreprise avec son nom original (le mot Tropicool est déposé à l’INPI), son logo, ses méthodes propre de management créatif et, bien sûr, sa "culture maison".

Certaines expositions cherchent à justifier leur présence ou légitimer leur existence par le fait qu’elles «mettent quelque chose en question». Peut-être le temps est-il venu de commencer à apporter des réponses. Et la nôtre porte comme nom, after Broodthaers, celui d' « Entreprise d’Art Tropicool. Département des Toucans. », un endroit parmi d’autres, ce Lieu Incontournable, où l’on peut se retrouver à chaque fois que l’on décide de passer d’une idée générale à une TROPICOOL IDEA. "

Jonathan, Président-Fondateur de The Tropicool Company

  Tirez sur le Président ! / TTC 2014 & LE CRAC Centre d’Art (Sète)

Tirez sur le Président ! / TTC 2014 & LE CRAC Centre d’Art (Sète)

  The President-Founder Stripped Bare / TTC 2018 & MAN RAY INTERNATIONAL ASSOCIATION

The President-Founder Stripped Bare / TTC 2018 & MAN RAY INTERNATIONAL ASSOCIATION

  QUOTATIONS FROM CHAIRMAN JONATHAN propaganda cover book / TTC 2017

QUOTATIONS FROM CHAIRMAN JONATHAN propaganda cover book / TTC 2017

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  The President looking in the distance / TTC 2015

The President looking in the distance / TTC 2015

  The President focusing before a presidential speech / TTC 2017 & LE QUADRILATÈRE

The President focusing before a presidential speech / TTC 2017 & LE QUADRILATÈRE

  THE POST-COLONIZATOR HOTEL / TTC 2017

THE POST-COLONIZATOR HOTEL / TTC 2017