The Tropicool Company
The Tropicool Company

THE COMPANY

 

The Tropicool Company is a tropicool way of thinking, living and making things invented by Jonathan Chauveau-Friggiati on Monday, the 3rd of November 2014, on the pirate island of Sète, 521 years to the day after the Guadeloupe discovery by Christopher Columbus.

Tirez sur le Président ! / TTC 2014 & LE CRAC Centre d’Art (Sète)

Tirez sur le Président ! / TTC 2014 & LE CRAC Centre d’Art (Sète)

Entreprise d’Art Tropicool.

Département des Toucans.

Inventée le lundi 3 novembre 2014 en même temps que mon titre de « Président-Fondateur », The Tropicool Company est une entreprise d’art, une philosophie immunitaire, une marque déposée, une plateforme de création, une installation itinérante, une performance à l’échelle 1, une trahison d’images, un projet post-colonisateur, une stratégie déphallocentrique, une multiplicité d’auteurs, une œuvre à l’œuvre d’elle-même et un être-de-fiction autonome.

The Tropicool Company est également une organisation matricielle générée, alimentée et reformulée en permanence par le dédoublement de ma personnalité en celle de Président-Fondateur de cette entreprise dont je suis moins le créateur tout puissant que sa créature dévouée, l’occupant éphémère d’un poste dans un organigramme plutôt que son dirigeant inamovible, le chiffre d’une constante dans une équation éthique bien plus que le théoricien général d’une morale dominante.

Si la logique (interne) de The Tropicool Company est celle qui, d’impasses en passes, fait passer du « Stade de l’Île » - des insularités artistiques - au « Stade de l’Archipel » - des créations archipéliques –, la logique (externe) du Président-Fondateur  est celle d’une mise à nue des atours de La Présidence, un exercice de déphallocentrisme appliqué à soi-même, c'est-à-dire en l’occurrence ici, au reconstruit archétype ultra-phallocentré du personnage-cliché du “Président-Fondateur” mégalomane que je me plais à jouer plus ou moins sérieusement tout le temps afin de pouvoir le déjouer en riant, et parfois à mes dépends, quand je le veux.

Extensivement influencé par Marcel Broodthaers et GENERAL IDEA, l’œuvre conceptuelle, qui est aussi une performance grandeur nature, du “ Président-Fondateur de The Tropicool Company”, reprend au premier l’exigence philosophique d’une distanciation critique par rapport aux rôles prêts-à-porter produits par la sociologie du monde de l’art et, aux seconds, la nécessité existentielle de se travestir intimement dans ce que l’on fait afin d’échappant à la figure imposée de l’artiste-qui-s’exprime en-son-nom-propre-et-original.

Notre époque n’étant plus cependant celle de Broodthaers ni celle de GENERAL IDEA, les moteurs historiques de l’art d’aujourd’hui sont forcément différents de ceux d’hier. Si les quartiers généraux des années 60 et 70 étaient bien les Musées d’Art et leurs Directeurs / Colonels (ou l’idée d’Art comme Pouvoir) et ceux des années 80 et 90 l’Artiste Contemporain à succès et la Grosse Galerie (le Mythe du Génie Artistique en lien avec la réussite économique et la reconnaissance médiatique), ceux des années 2000 et 2010 sont à l’évidence l’Entreprise et son Président-Mécène des arts .

Actuellement, les Mâlalpha de l’Art ne sont plus en effet constitués par des couples Directeur / Musée ou Artistes / Galeries mais par des couples Entreprises / Mécènes depuis que ceux-ci ont commencé à supplanter leurs prédécesseurs au tournant du deuxième millénaire. Et c’est donc à la suite de ce constat socio-historique que j’ai résolument décidé d’investir de manière critique ce nouvel attelage afin de le mimer, de le délirer et de le réinventer en fabriquant l’entreprise The Tropicool Company et le personnage du «Président-Fondateur» qui lui va forcément comme un gant puisque taillé sur-mesure.

Les seules approches activement critiques et donc vraiment valables d’un sujet sont celles qui se font à partir du sujet qu’elles entendent critiquer. Une approche « de l’intérieur » qui n'est possible qu'à la condition d’être prêt à s’intoxiquer avec ce que l'on entend critiquer. Car si l’on ne s’intoxique pas d’abord avec la matière même de ce que l’on entend interroger, il est tout simplement impossible de se poser les bonnes questions à son sujet et encore moins de s’en déprendre personnellement. Au mieux pourra-t-on intelligemment s'interroger à son propos mais jamais le comprendre. Or nous en avons plus qu’assez d'écouter ceux qui posent et reposent les mêmes questions forcément sans réponses car toujours formulées à partir d’une position absolument extérieure à ce qu’elles entendent et donc ne peuvent que problématiser, c’est-à-dire à partir d’une position "intellectualiste" au plus mauvais sens du terme.

« En toute chose il y a du bon » dit-on. Encore faut-il le chercher. Et c’est bien parce que les vrais directeurs / musées avaient un réel prestige que le faux directeur du « Musée d’Art Moderne. Département des Aigles » inventé et joué par Marcel Broodthaers a été aussi pertinent ; et c’est également parce que la performance-formule de l’artiste-à-succès-qui-se-met-en-scène était opérante à leur époque que son dédoublement critique par GENERAL IDEA a tapé dans le mille.

Qu’y-a-t-il alors de bon , c’est-à-dire d’efficace, dans la Forme Entreprise telle qu’elle est communément comprise, acceptée et vécue aujourd’hui ? Qu’est-ce qui fait son efficacité et que tout le monde peut reprendre à son compte et à son avantage ? Quelle est cette irrésistible propension qui lui est propre et sur laquelle nous sommes tous libres de pouvoir surfer si nous nous décidons de “faire entreprise” au sens de “faire œuvre” ?

La réponse est : une culture. Mais pas n’importe quelle culture. Une culture au sens de “culture d’entreprise”, de “culture maison”. Car si les entreprises fascinent tant, si elles ont tendance à « marcher », à s’inscrire sans trop de résistance dans le réel de nos pensées et de nos corps à court, moyen et long terme, c’est parce qu’on leur accorde spontanément le droit de s’inventer, de s’instituer elles-mêmes, de produire une culture sui generis afin de développer des univers dont le but explicite et revendiqué est de mettre en place une stratégie de « possession » des pensées et des corps… tout cela sans avoir jamais à faire reposer la légitimité de leurs intentions profondes sur l’originalité d’une individualité créatrice réellement existante ou la préexistence d’une tradition respectée de longue date. Autrement dit : de se constituer collectivement ad hoc en marque porteuse et exportatrice de valeurs esthétiques et éthiques.

C’est cela qui explique la raison pour laquelle notre époque est celle des entreprises et des marques qu’elles créent ou possèdent. Parce qu’elles seules, effectivement, créent à grandes échelles de nouvelles zones de différenciations dans la culture, de nouvelles formes de vie au sens de mondes de significations, de comportements et d’objets. Ce que les colonels de musées et les artistes de galeries ne pourront jamais accomplir - si jamais ils en avaient eu l’idée ou l’avaient seulement souhaité -, à savoir : chercher à accomplir au niveau de la réalité quotidienne le fantasme hétérotopique d’une bonne alliance collective des corps et des idées via des artefacts pensés et des normes existentielles produites, les entreprises en tant que marques ne cessent de le faire. Mieux : c’est là leur raison d’être même, ce qui rend compte de leur inventivité, de leur succès et du respect, oui du respect, que nous leur portons… parce que nous savons bien que, quelque part, nous sommes tous plus ou moins traversés, intoxiqués, «marqués» à vie par elles… à nos corps défendant ou accueillant.

Reste alors encore à expliquer pourquoi cette capacité intrinsèque des entreprises à créer de nouvelles formes culturelles de vie est aussi en phase avec notre époque. Autrement dit : pourquoi notre époque est-elle si évidemment celle des entreprises, des marques ? Nous répondons : parce que si les années 60 / 70 étaient celles de la contestation du pouvoir attaché aux institutions et les années 80 / 90 celles de la remise en question de l’autonomie du sujet, les années 2000 et 2010 sont celles d’une réconciliation entre sujet et institution, une nouvelle alliance qui n’est devenue possible qu’à partir du moment où le premier a cessé de croire à son originalité et que la seconde a arrêté de se prendre au sérieux.

Les années 60 / 70 était analytiques ou lacaniennes, les années 80 / 90 déconstructivistes ou derridiennes. Les années 2000 / 2010, elles, sont synthétiques (sphérologiques) ou sloterdijkienne (pour Peter Sloterdijk, auteur de la trilogie « Sphères »). Or, justement, les entreprises sont des machines à synthétiser. Et c’est pour cela à notre sens que notre époque est avant tout celle des Entreprises, des Marques… Que de choses en effet ne deviennent possibles, combien de rêves ne peuvent-ils se réaliser, d’entreprises se mener dès lors que des sujets post-analysés disposant d’une idée post-critiquée de l’art rencontrent un concept post-déconstruit de l’institution !

Nous le savons maintenant : rien ne peut être dit faux car tout est inventé. Et c’est une bonne chose. Car cela veut dire que l’on n’a plus à être soi-même pour devenir quelqu’un et que nous pouvons tout un chacun être une institution porteuse pour les autres. Quelle pertinence peut-il y avoir encore à critiquer une institution ou analyser son moi quand on a découvert que l’on pouvait créer de nouvelles institutions sans avoir au préalable à comprendre qui l’on est « vraiment » puisque notre personnalité sera co-produite en même temps que cette institution auto-inventée et génératrice d’idées, de comportements, d'objets et de souvenir… ce qui suffit amplement, on le sait, pour se construire solidement une identité réelle de manière totalement factice.

Les deux grands problèmes existentiels sont ainsi résolus d’un seul coup d’un seul : celui d’avoir à être quelqu’un et celui de trouver quelque chose à faire. La grande question, nous dit Liam Gillick, qui a porté et traversé les années 90, et qui aurait aussi bien pu être le titre de la plupart des expositions de sa génération, était : HOW TO BEHAVE ? Presque trente ans plus tard, on ne peut plus poser la même question parce que l’on ne peut plus faire semblant de ne toujours pas savoir. WE KNOW HOW TO BEHAVE.

 C’est lorsque le magma de ces réflexions a commencé à se refroidir au cours de l’année 2014 que le personnage du « Président-Fondateur de l’entreprise The Tropicool Company » a pris forme tel un Golem du fond de sa boue. Une vraie entreprise avec sa marque déposée (le mot et le logo TROPICOOL sont inscrits au registre de l’I.N.P.I.) ses méthodes propre de management et, bien sûr, sa "culture maison".

Certaines expositions cherchent à justifier leur présence ou légitimer leur existence par le fait qu’elles «mettent quelque chose en question». Peut-être le temps est-il venu de commencer à apporter des réponses. Qu’en pensez-vous ? Pour notre part, cette réponse porte notamment le nom, after Broodthaers, d'Entreprise d’Art Tropicool. Département des Toucans., un endroit parmi d’autres, ce Lieu Incontournable, où l’on pourra se retrouver à chaque fois que l’on décide de passer d’une idée générale à des actions tropicool.

Jonathan Chauveau-Friggiati, Président-Fondateur de The Tropicool Company

Co-working is central to daily activities (1) / TTC 2017 & LE CONSORTIUM Centre d’Art (Dijon)

Co-working is central to daily activities (1) / TTC 2017 & LE CONSORTIUM Centre d’Art (Dijon)

The President-Founder Stripped Bare / TTC 2018 & MAN RAY INTERNATIONAL ASSOCIATION

The President-Founder Stripped Bare / TTC 2018 & MAN RAY INTERNATIONAL ASSOCIATION

QUOTATIONS FROM CHAIRMAN JONATHAN propaganda cover book / TTC 2017

QUOTATIONS FROM CHAIRMAN JONATHAN propaganda cover book / TTC 2017

The President looking in the distance / TTC 2015

The President looking in the distance / TTC 2015

The President focusing before a presidential speech / TTC 2017 & LE QUADRILATÈRE

The President focusing before a presidential speech / TTC 2017 & LE QUADRILATÈRE

THE POST-COLONIZATOR HOTEL / TTC 2017

THE POST-COLONIZATOR HOTEL / TTC 2017

Co-working is central to daily activities (2) / TTC 2017 & LE CONSORTIUM Centre d’Art (Dijon)

Co-working is central to daily activities (2) / TTC 2017 & LE CONSORTIUM Centre d’Art (Dijon)

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