The Tropicool Company
The Tropicool Company

THE COMPANY

is a brand, an enterprise and a tropicool way of thinking, living and doing things invented by Jonathan Chauveau-Friggiati (President-Founder) and Florian Viel (Executive Director) on Monday, the 3rd of November 2014, on the pirate island of Sète, 521 years to day after the Marie-Galante and Dominic islands discovery by Christopher Columbus.

  A high and direct gaze (The President-Founder and its Executive Director) / TTC 2016

A high and direct gaze (The President-Founder and its Executive Director) / TTC 2016

 
 
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Le paradigme dynamique du Président-Fondateur, pour sa part, est celui d'une mise à nu des atours de la Présidence par ses secrétaires (mème), un exercice de déphallocentrisme appliqué à soi-même, c'est-à-dire au cliché ultra-phallocentré du personnage archétypal du "Président" que je me plais à incarner tout le temps afin de pouvoir m'amuser à le déjouer quand je le veux.

  The President-Founder Stripped Bare / TTC & MAN INTERNATIONAL ASSOCIATION 2018

The President-Founder Stripped Bare / TTC & MAN INTERNATIONAL ASSOCIATION 2018

Notre époque n’étant plus cependant ni celle de Broodthaers ni celle de GENERAL IDEA, les quartiers généraux d’aujourd’hui sont forcément différents de ceux d’hier. Si les quartiers généraux des années 60 et 70 étaient bien le Musée d’Art et son Directeur/Colonel (ou l’Idée d’Art comme Pouvoir) et ceux des années 80 et 90 l’Artiste Contemporain à succès et la Galerie (le Mythe du Génie Artistique en lien avec la réussite économique et la reconnaissance médiatique), ceux des années 2000 et 2010 sont l’Entreprise Mécène des arts et son/sa Président(e).

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Qu’y-a-t-il de bon dans la Forme de l’Entreprise telle qu’elle est communément comprise, acceptée et vécue aujourd’hui ? Qu’est-ce qui fait son efficacité et que tout le monde peut reprendre à son compte ? Quelle est cette irrésistible propension qui lui est propre et sur laquelle nous sommes tous libres de pouvoir surfer si nous nous constituons en entreprise, si nous décidons de « faire entreprise » comme on dit "faire œuvre" ?

La réponse est : une culture. Mais pas n’importe quelle culture. Une culture au sens de culture d’entreprise, de « culture maison». Car si les entreprises fascinent tant, si elles ont tendance à « marcher », à s’inscrire sans trop de résistance dans le réel de nos pensées et de nos corps à long terme, c’est parce qu’on leur accorde spontanément le droit de s’instituer elles-mêmes, de produire une culture sui generis afin d’inventer et de développer des univers dont le but explicite est de mettre en place une stratégie de « possession », et tout cela sans avoir à faire reposer la légitimité de cette intention sur l’originalité d’une individualité créatrice ou la préexistence d’une tradition respectée. Autrement dit : de se constituer collectivement ad hoc en marque porteuse et exportatrice de valeurs esthétiques et éthiques.

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Mais pourquoi cette capacité des entreprises à créer de nouvelles formes de vie culturelle est-elle autant en phase avec notre époque ? Autrement dit : pourquoi notre époque est-elle celle des entreprises ? Nous répondons : parce que si les années 60 / 70 étaient celles de la contestation du pouvoir attaché aux institutions et les années 80 / 90 celles de la remise en question de l’autonomie du sujet, les années 2000 et 2010 sont celles d’une réconciliation entre sujet et institution, une nouvelle alliance qui n’est devenue possible qu’à partir du moment où le premier a cessé de croire à son originalité et que la seconde ne s’est plus prise au sérieux.

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Deux problèmes sont ainsi résolus d’un coup : celui d’avoir à être quelqu’un et celui d’avoir à faire quelque chose. La grande question, nous dit Liam Gillick, qui a porté et traversé les années 90, et qui aurait aussi bien pu être le titre de la plupart des expositions de sa génération était : HOW TO BEHAVE ? Vingt ans plus tard, on ne peut plus poser la même question parce que l’on ne peut plus faire semblant de ne toujours pas savoir. WE KNOW HOW TO BEHAVE.

C’est lorsque le magma de ces réflexions a commencé à se refroidir que le personnage du Président-Fondateur de l’entreprise The Tropicool Company a pris forme tel un Golem du fond de sa boue. Une vraie entreprise avec son nom original (le mot Tropicool est déposé à l’INPI), son logo, ses méthodes propre de management créatif et, bien sûr, sa "culture maison".

Certaines expositions cherchent à justifier leur présence ou légitimer leur existence par le fait qu’elles «mettent quelque chose en question». Peut-être le temps est-il venu de commencer à apporter des réponses. Et la nôtre porte comme nom, after Broodthaers, celui d' « Entreprise d’Art Tropicool. Département des Toucans. », un endroit parmi d’autres, ce Lieu Incontournable, où l’on peut se retrouver à chaque fois que l’on décide de passer d’une idée générale à une TROPICOOL IDEA. "

Jonathan Chauveau-Friggiati

Président-Fondateur de The Tropicool Company

SHOOT THE PRESIDENT !

 A Dephallocentric Manifesto

by The President-Founder of The Tropicool Company

Jonathan Chauveau-Friggiati

  Tirez sur le Président ! / TTC 2014

Tirez sur le Président ! / TTC 2014

" Inventée le lundi 3 novembre 2014 sur l’île de Sète par le Président-Fondateur Jonathan Chauveau-Friggiati et son Directeur Exécutif Florian Viel, The Tropicool Company est une entreprise, une marque, une exposition, un commerce, un studio de création, une idée itinérante, une éthique de groupe, une philosophie immunitaire, une multiplicité d’auteurs, une œuvre collective à l’œuvre d’elle-même et un être-de-fiction autonome.

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The Tropicool Company est une organisation matricielle générée, reformulée et alimentée en énergie par la dédoublement de personnalité de l’individu Jonathan Chauveau - Friggiati en celle de « Président – Fondateur » de cette entreprise dont il est moins le créateur de son entreprise que sa créature, l’occupant d’une fonction dans un organigramme plutôt qu’un dirigeant, une variable d’ajustement dans une équation bien plus qu’un théorème général.

La métaphore géologique qui anime philosophiquement The Tropicool Company est celle qui de passes en passes, fait passer du stade de l’île, de l’insularité artistique, au stade de l’archipel, des créations archipéliques.

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Extensivement influencé par Marcel Broodthaers et GENERAL IDEA, le Président-Fondateur de The Tropicool Company a repris au premier l’exigence philosophique d’une distanciation critique par rapport aux rôles prêt-à-porter produite par la sociologie du monde de l’art et au second la nécessité existentielle de s’investir intimement dans ce que l’on fait, tout en échappant à la figure imposée de «l’artiste qui s’exprime en son nom».

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Aujourd’hui, le/la Mâlalpha de l’Art n’est plus ni le couple Directeur/Musée ni le couple Artiste/Galerie mais le couple Entrepreneur / Mécène  qui les a supplantés. C’est pour cette raison que nous avons investi ce nouvel assemblage de manière critique et humoristique afin de le détourner, de le phagocyter, de le délirer et de le réinventer en créant l’entreprise The Tropicool Company et le personnage du «Président-Fondateur» qui lui va comme un gant.

La bonne critique est celle qui se fait de l’intérieur en acceptant de s’intoxiquer avec ce qu’elle ne veut plus interroger mais à quoi elle veut désormais apporter des réponses. Car nous n’écoutons plus ceux qui posent et reposent les mêmes questions forcément sans réponses car toujours formulées à partir d’une position extérieure à ce qu’elles entendent problématiser, c’est-à-dire à partir d’une position intellectualiste au mauvais sens du terme. Les paroles se perdent dans l’air tandis les virus prospèrent dans les chairs…

La bonne critique est celle qui se fait de l’intérieur, ce qui n'est possible qu'à la condition d'accepter volontairement et consciemment de s’intoxiquer avec ce que l'on entend questionner. Car sans intoxication, il est tout simplement impossible d'apporter une quelconque réponse. Au mieux, on pourra s'interroger à propos de quelque chose que l'on ne connaît pas vraiment. Car nous en avons assez d'écouter ceux qui ne peuvent que poser et reposer les mêmes questions forcément sans réponse car toujours formulées à partir d’une position extérieure à ce qu’elles entendent problématiser, c’est-à-dire à partir d’une position "intellectualiste" au mauvais sens du terme. Les paroles se perdent dans l'air tandis que les virus prospèrent dans les chairs…  

« En toute chose il y a du bon » dit-on. Encore faut-il le chercher : c’est bien parce que les vrais directeurs / musées avaient un réel prestige que le faux directeur du « Musée d’Art Moderne. Département des Aigles » de Broodthaers a été aussi pertinent ; et c’est également parce que la formule de l’artiste-à-succès-qui-se-met-en-scène était opérante, à ce moment là, que son dédoublement critique par GENERAL IDEA a tapé dans le mille.

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C’est cela qui explique selon nous la raison pour laquelle notre époque est celle des entreprises et des marques qu’elles créent ou possèdent. Elles seules, en effet, créent à grande échelle de nouvelles zones de différenciations dans la culture, de nouvelles formes de vie culturelle au sens de mondes de significations, de comportements et d’objets. Ce que les artistes et les musées ne pourront jamais accomplir - si jamais ils l’avaient souhaité-, à savoir chercher à accomplir au niveau de la réalité quotidienne le fantasme utopique d’une bonne alliance des corps et des idées via des artefacts et des normes existentielles, les entreprises en tant que marques ne cessent de le faire. Mieux : c’est là leur raison d’être même, ce qui rend compte de leur inventivité, de leur succès et du respect que nous leur portons… parce que nous savons que, quelque part, nous sommes tous plus ou moins traversés, intoxiqués, «marqués» à vie par elles… à notre corps défendant ou par plaisir.

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Les années 60 / 70 était analytiques ou lacaniennes, les années 80 / 90 déconstructivistes ou derridiennes. Les années 2000 / 2010, elles, sont synthétiques (sphérologiques) ou sloterdijkienne (pour Peter Sloterdijk, auteur de la trilogie « Sphères »). Or les entreprises sont des machines à synthétiser. Et c’est pour cela que notre époque est celle des Entreprises, des Marques… Que de choses ne deviennent possibles, combien de rêves ne peuvent-ils se réaliser, d’entreprises se mener dès lors que des sujets post-analysés disposant d’une idée post-critiquée de l’art rencontrent un concept post-déconstruit de l’institution !

Nous le savons maintenant, rien ne peut être dit « faux » car tout est inventé et c’est une bonne chose. Car cela veut dire que l’on n’a plus à devenir soi-même pour être quelqu’un et que nous pouvons être tout un chacun une institution porteuse pour les autres. Quelle pertinence y-a-t-il encore aujourd’hui à critiquer une institution ou analyser son moi (ou le moi des autres) quand on a découvert que l’on pouvait créer de nouvelles institutions sans avoir au préalable à comprendre qui l’on est « vraiment » puisque l’on sera en même temps co-produit par cette institution auto-inventée et productive d’idées, de comportements, d'objets…  et de souvenirs.

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