The Tropicool Company
The Tropicool Company
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Carénages

Carénage, Florian Viel 

CARENAGES, 2013
FLORIAN VIEL

Le projet de multiple « Carénages » est porté depuis 3 ans (2013) par l’artiste français Florian Viel. Il s’agit d’une série de 51 becs de Toucans réalisés en résine peinte à partir d’un moule unique et qui s’accrochent comme des trophées de chasse. Pour les concevoir, l’artiste s’est inspiré directement des dessins du grand ornithologue – artiste britannique John Gould (1804 – 1881) qui a pour la première fois recensé et dessiné toutes les familles et tous les types de Toucans dans son fameux livre « The Family of Toucans » publié en 1831. Il s’agit donc à la fois d’un multiple (même moule, même forme, même matière) et de pièces uniques (aucunes n’est identiques) chaque bec ne pouvant être produit / vendu qu’une seule et unique fois. Ce n’est donc plus « l’Un ou le Multiple ? » mais le multiple dans l’un et l’un dans le multiple une réponse artistique qui peut être lu dans un sens comme dans  l’autre avec le même plaisir.

Sculpture murale, en résine peinte à la main
42 x 40 x 19,5 cm
Edition de 51 pièces uniques
Vendus : 12
Disponibles : 39
3000Euros

catalogue complet des 51 becs ci-dessous

Hey mate, you will always be home now ! Un entretien de Claire Vaneau avec Jonathan Chauveau – Friggiati, Président – Fondateur de la Tropicool Company à propos de « CARÉNAGES »

CLAIRE VANEAU: Pourquoi ce titre générique de « Carénages » ?

LE PRESIDENT – FONDATEUR: Parce que la forme spécifique des becs de Toucans évoque à l’artiste la forme inversée des carènes des galions du type de ceux qui ont découverts l’Amérique. Mais aussi en raison de l’existence des îlets de Carénage, ces îlets inhabités situés dans la Grand Cul-de-Sac Marin- ça ne s’invente pas ! - qui appartiennent administrativement aujourd’hui à Saint Rose en Guadeloupe, la Guadeloupe étant la première île où Christophe Colomb accosta au terme de son deuxième voyage aux Amériques le 4 novembre 1494. Vous connaissez peut-être cette histoire : lorsque Christophe Colomb au terme de ce voyage posa les pieds sur une plage de Guadeloupe, il fût accueilli par le chef de la tribu local par un plat d’ananas frais ce qui était pour eux une manière traditionnelle de souhaiter la bienvenue aux étrangers venus de loin tout en étanchant leurs soifs. C’est là que l’on fait le lien entre le Toucan et l’Ananas qui composent avec la Fleur de Paradis les trois emblèmes du blason officiel de Tropic City… Ah Tropic City ! dit la « Cité Tropicool » ou encore la « L’Archipel Céleste » ! émergente - cachée quelque part dans les mers chaudes du Tout-Monde imaginal tel le Mont Analogue de René Daumal.

CLAIRE VANEAU: Qui signifie le projet « Carénages » pour l’entrepriseThe Tropicool Company Multiple Art Store ?

LE PRÉSIDENT-FONDATEUR: « Carénages » c’est un peu le « bec de gondole » ou, pour mieux dire, la « figure de proue » de ce navire pirate naviguant en contrebande sous pavillon Tropicool et qui a largué définitivement les amarres fin septembre 2016 au salon MAD ( Multiple Art Days). http://multipleartdays.com/ Comme dans la légende de Jason et des Argonautes où la Déesse Héra placée en figure de proue de leur navire conseille les aventuriers face à certaines épreuves, nous attendons de nos becs de proue, incarnations de la Déesse Carénage, qu’ils nous aident à fendre les flots et surtout à ne pas couler, ce qui est la signification même du verbe Tropicooler c’est-à-dire : « maintenir à flot »… C.Q.F.D.T. Ce Qu’il Fallait Dire de Tropicool.

CLAIRE VANEAU: Comment situeriez-vous « Carénages » dans l’histoire de la sculpture ?

LE PRÉSIDENT-FONDATEUR: Ces sculptures sont intéressantes dans leurs rapports à  l’histoire des formes dans la mesure où elles perpétuent une ancestrale autant qu’universelle tradition décorative : celle des animaux totémiques protecteurs que l’on place à des endroits stratégiques d’un domo immunitairement actif (village ou maison) et le plus souvent à l’entrée. Ils symbolisent à la fois l’esprit du lieu et la mentalité des habitants qui y séjournent tout en impressionnant par leur aura les personnes étrangères à la maisonnée, au groupe. On pense évidemment à ces fameux lions que l’on retrouve si souvent sculptés en occident de part et d’autres du perron d’une demeure. A cette différence fondamentale près que le Toucan est un lion tropicool : il accueille, il affirme, il charme mais il ne menace pas. Le chant du Toucan n’est pas, et de loin, un rugissement puisque tout en lui respire la tropicoolitude. Et c’est aussi pour cela que je ne valide pas le rapprochement d’un bec de Florian avec un trophée de chasse ou de plusieurs becs avec un « massacre » comme on appelle ces réunions murales morbides de bois de cervidés. Car un toucan ne se chasse pas, il se laisse mourir et qu’un bec n’est pas pour lui ce qui lui sert à impressionner et à attaquer mais ce qui lui sert à manger et à être beau. Ce bec que laisse un toucan quand il meurt n’est pas un souvenir de ce qu’il était mais quelque chose de sa beauté qui lui survit… pour très peu de temps puisque malheureusement leurs becs sèchent et noircissent très vite une fois morts.

Claire Vaneau: En quoi l’animal Toucan est-il tropicool ?

LE PRÉSIDENT-FONDATEUR: Scientifiquement parlant le toucan est peut-être le plus cool des oiseaux que nous connaissions c’est-à-dire qu’il n’a jamais ni trop chaud ni trop froid : il est tout le temps frais ! Le bec du toucan sert en effet à réguler sa température. Cette excroissance est un thermostat de haute précision, chaque tache de couleurs correspondant à des valves d’entrée et de sortie d’air. Ainsi lorsque qu’il a trop chaud, il n’a qu’à plonger son bec dans l’eau pour refroidir l’air qui est à l’intérieur et lorsqu’il a trop froid il empêche la chaleur de sortir de son bec en « fermant les écoutilles ». Le Toucan est par conséquent constant thermiquement, sans peine et sans effort. Ce qui le rend si beau à l’extérieur est aussi ce qui fait qu’il se sent bien à l’intérieur. La beauté et la variété des becs de toucan semblent artificielles, comme un caprice créatif de la nature sans but vraiment utile pour son espèce. Il n’en est rien. La maxime morale que nous pourrions en tirer serait celle-ci : que ce qui te rende beau à l’extérieur soit aussi ce qui te fait te sentir bien à l’intérieur. C’est un symbole de sagesse dans la mesure où c’est une exigence d’harmonie entre ce que l’on voit de nous et la manière dont on se ressent. Car qu’est-ce que l’état de sagesse si ce n’est l’état dans lequel on est (mais dont on peut aussi sortir !) lorsque ce que l’on pense, ce que l’on dit et ce que l’on fait sont en harmonies, qu’il n’y a pas de hiatus entre ces trois plans d’existence. Le troisième et dernier plan d’existence étant le plus difficile à harmoniser. Hors de cette correspondance d’accord entre ces trois octaves différents, ces trois niveaux que sont l’Imaginaire (ce que l’on pense), le Symbolique (ce qui est exprimé) et le Réel (ce qui est vécu), une vie ne peut être que l’histoire d’un déséquilibre permanent, une vie de déséquilibré, une vie non-tropicool. Ils peuvent être équilibrés et pas forcément parce qu’il partagent en commun un même manque à être comme essaye de nous le faire croire un certain Lacan. Pour commencer ce travail sur soi-même je recommande la lecture de « Tu dois changer ta vie ! » de Peter Sloterdijk. Là où est le symptôme, le synthôme doit advenir. Autrement dit : Fais de ton obsession à vivre une passion d’exister !